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La mort dans l'âme, Récit d'un amour paternel
mardi 23 mai 2006, a 23:07
Chap 10 - La semaine la plus triste de ma vie
 

 

Ce samedi là, le 29 avril 2000, Manuel s’est levé comme d’habitude vers huit heures trente pour s’occuper de Cécilia.

Oh mon Dieu, comme  j’aimerais ne jamais avoir vécu ce jour affreux...

A neuf heures, le téléphone a sonné.

Je ne dormais pas mais je me suis demandée quel était le c.. qui appelait à cette heure là.

Le répondeur s’est déclenché. J’ai entendu la voix tremblante de Chantal qui me demandait de la rappeler chez Papa. (Ils faisaient « appartement » à part)

Je n’ai pas eu le temps de bondir hors du lit et de décrocher. J’ai enfilé frénétiquement un peignoir et j’ai fait le numéro, ne voulant rien imaginer mais le cœur battant à tout rompre dans ma poitrine.

Elle n’a pu dire que mon nom et a fondu en larmes.

C’est moi qui ai demandé « Quoi, qu’est ce qui se passe...(long temps d’arrêt. J’entendais des sanglots)... Il est mort ?  », espérant de toutes mes forces un « non, bien sûr, mais on l’a emmené à l’hôpital » ou quelque chose de ce genre.

 

Oui. Il était mort. Mon papa, mon père, mon petit papounet adoré. Mort.

 

Impossible d’y croire.

Et pourtant si.

Les larmes ne venaient pas. Je suis montée quatre à quatre. Manuel avait changé bébé et il la tenait dans ses bras.

J’ai hurlé « Mon père est mort » et je me suis écroulée dans ses bras. Je me sentais anéantie, comme écrasée sous un rocher, incapable de penser que je pourrais revivre normalement après ça.

J’ai pleuré pendant une semaine, jour et nuit.

Entre mes sanglots, je disais souvent - « non, ce n’est pas possible, je vais me réveiller. C’est un cauchemar. »

 

Manuel m’a déposée chez lui et est parti déposer la petite chez ses parents avant de me rejoindre. Chantal, un voisin et la police étaient là.

Nous avons pleuré toutes les deux en nous serrant très fort.

Ils ne m’ont pas laissé le voir. Il ne valait mieux pas maintenant. J’ai dû aller aux toilettes dans la matinée, en me cachant les yeux pour ne pas voir. Envie de regarder quand même entre mes doigts, mais je ne l’ai pas fait. Je ne voulais pas garder cette image, même si aujourd’hui je l’imagine peut-être pire qu’elle n’était réellement.

Comme je suis allée plusieurs fois dans cette partie de l’appartement, j’ai quand même aperçu involontairement un bout de son pyjama, par terre. C’est tout. C’est déjà trop.

Chantal l’avait vu. Cela suffisait. Un jour, je lui demanderai ce qu’elle a vu. Je ne veux pas nous faire plus de mal maintenant.

 

Elle l’avait appelé vers 8h. Il ne répondait pas. Elle était venue très vite et l’avait trouvé gisant dans une mare de sang, dans la salle de bain. Il y avait du sang partout sur les draps et sur la moquette.

La police avec l’aide d’un médecin arrivé plus tard a conclu à une mort naturelle.

Ils ont dit que cela avait dû être rapide. Le sang, très rouge, provenait vraisemblablement de la carotide. Quand cela arrive et que le défunt est seul, il y a toujours enquête. On ne sait jamais. Comme mon père adorait les armes et en avait partout, ils ont d’abord pensé au suicide.

 

Les pompes funèbres ont mis du temps à arriver. Jusqu'à dix sept heures, nous étions là, prostrés dans le canapé. Et je pensais que mon père chéri était à quelques mètres de nous, par terre sur le carrelage comme un chien, froid, mort, et que je ne pouvais pas le voir ni le toucher.

Nous avons passé la journée sur le canapé, à pleurer, à attendre.

Ils sont enfin venus le chercher. J’ai entendu le bruit hideux de la fermeture éclair. J’ai vu un chariot passer, avec une housse grise en plastique, fermée, qui épousait une forme humaine, les pieds, la tête. Ils m’ont proposé de l’accompagner jusqu'à la voiture. J’ai refusé, je n’aurais pas pu.

C’est intolérable, insupportable, atroce.

Il n’y a pas de mots pour décrire cette horreur.

Ceux qui l’ont vécue savent de quoi je parle.

 

Nous sommes partis et Chantal a nettoyé la salle de bain. Je me demande encore comment elle a pu.

Le ballet des formalités a commencé aussitôt. Prévenir les proches, les amis, les différents organismes, attendre les papiers officiels, rechercher les documents, organiser la messe, l’enterrement, commander les faire-part, les envoyer, répondre aux nombreux appels, décider de tout, pleurer, ne pas dormir, ne pas manger...

La première nuit et les quatre suivantes, en effet, je n’ai pas pu m’endormir. J’avais trop peur du réveil. Vous savez, on se réveille doucement, et dans les limbes du sommeil, on se dit qu’il y a quelque chose qui ne va pas. C’est flou. Et d’un coup, ça devient très net, net et tranchant comme la lame d’un rasoir monté sur un boomerang. Vous le prenez en pleine tête : papa est mort.

Je l’ai néanmoins ressenti dès que j’ai réussi à fermer l’œil, mais un peu de temps avait passé. Je ne l’aurais pas supporté dans les premières vingt quatre heures.

 

J’ai appris peu avant l’enterrement, qu’il s’était fracassé le crâne en tombant. C’est sans doute pour ça que la poubelle de la salle de bain était brisée.

Nouveau sujet de torture et de tristesse.

Cela n’aurait sans doute rien changé, mais quand même...ça fait mal partout de le savoir.

 

Le lundi 1er mai, je suis allée choisir la tombe. Papa m’avait parlé quelques jours auparavant de son contrat obsèques. « oui, oui, on a le temps », lui avais je répondu. « Bah ! ça fait pas mourir d’en parler tu sais ma gnougnou » . OK, alors on en avait parlé. Il ne voulait pas d’incinération, par peur d’avoir mal, plaisantait-il. Il voulait être enterré à Puteaux, bien que possédant une place dans un caveau de famille dans le Sud-Ouest, près de Toulouse. Il pensait que personne n’irait jamais le voir là bas. Sans doute avait-il raison. Le contrat prévoyait un cercueil en pleine terre sans monument. Je lui avais promis de lui faire un vrai caveau, isolé et bien propre. Nous devions en reparler prochainement. Il préférait tout régler de son vivant. Il n’en a pas eu le temps. Il a juste écrit en recommandé à la société qui s’occupait de son assurance obsèques dix jours avant sa mort, pour signaler qu’il choisissait Puteaux. Comme s’il avait senti quelque chose...

 

Chantal et moi repoussions inconsciemment le moment d’aller lui rendre visite au Funérarium. Avant, tout le monde disait La Morgue. Mais ce n’est plus politiquement correct. Aujourd’hui, on va au Funérarium.

Pourtant, nous avions envie de le voir, mais c’est effrayant comme idée. J’avais déjà vu des morts mais peu, il y a longtemps et de loin. Et surtout, je ne ressentais rien pour eux.

Nous savions que ce moment allait être un des plus pénibles.

Le temps était gris, brumeux, humide et frais. Nous avions l’impression que cela nous rendait encore plus tristes. Mais tout bien réfléchi, le soleil n’aurait pas produit l’effet contraire.

Après une attente dans le hall qui nous a paru interminable, on nous a fait entrer dans une petite pièce en sous-sol. L’homme en noir a refermé la porte derrière lui pour nous laisser tranquilles. Triste métier que de voir des gens sangloter sans arrêt. Nous nous tenions par la main, Chantal et moi, tremblantes.

Papa était là, allongé sur un chariot en métal, dans le costume bleu marine que nous avions choisi dans son armoire, les bras le long du corps, la nuque soutenue, les yeux fermés, recouvert par un drap blanc jusqu’au thorax. Je me suis précipitée vers lui pour le toucher, l’embrasser, lui tenir la main. Je n’avais jamais touché de mort. Mais ce n’était pas ainsi que je le voyais. C’était mon père, mon papa adoré, rien d’autre. En le touchant j’ai eu un tout petit mouvement de recul, une appréhension. Drôle de sensation. C’est glacé et dur. La peau accroche sous la main. Comment décrire cela ? Vous avez déjà embrassé un poulet cru qui sort du frigo ? ? ? Moi non plus mais ça y ressemble sans doute.

Je ne trouvais pas sa main, ses bras étaient si maigres qu’ils étaient presque invisibles. J’ai cherché sous le drap. Je l’ai trouvée. Elle était maigre, raide, mais ça restait la sienne. Je l’aurais reconnue entre mille. Je l’ai tenue, réchauffée dans la mienne. Depuis un certain temps, il avait des fourmis dans les mains, et quand nous nous voyions, je les lui massais avec de la crème. Il aimait ça, ça lui faisait du bien. J’ai fait un peu pareil. J’ai cherché la deuxième et j’ai recommencé. J’ai voulu toucher ses pieds, ses mollets, ses oreilles, son nez, ses sourcils...tout ce qui était lui. Je ne pourrai plus jamais le faire après.

Nous avons observé son crâne. Aucune fracture visible en tous cas. Quelques bleus, c’était tout. Cela m’a rassurée.

« Il s’est fracassé le crâne ». Ces mots avaient résonné dans ma tête pendant toutes ces nuits. Dans mon esprit, « fracassé » sous-entendait forcément au moins deux morceaux bien distincts. Mais ici, rien à voir avec l’horreur que j’avais imaginée ces derniers jours.

Je lui ai parlé comme s’il m’entendait : « mon pauvre papa chéri. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Tu as eu mal ? Tu as eu peur ? Au moins tu ne souffres plus maintenant. Tu vois, on est là toutes les deux. Ne t’inquiète pas, on va se débrouiller, on va y arriver. Tu vas nous manquer mais on va y arriver. Sois tranquille. Il y aura plein de monde à ton enterrement. Tu aurais été content de les voir..... »

Nous pleurions. C’était affreux. D’une tristesse inouïe.

Néanmoins j’ai été apaisée de le revoir. Bien sûr, cela n’enlève rien à la peine, mais j’ai enfin pu le toucher, lui parler, m’imprégner de l’idée qu’il était mort. Je comprends maintenant la détresse des familles qui recherchent le corps d’un disparu. Même en étant persuadé du décès de quelqu’un, il doit être très difficile de l’accepter sans l’avoir vu.

 

Le mercredi, je suis allée au bureau pour régler quelques affaires, comme un zombie. Le fait de voir les gens sourire, parler ou rire dans le métro me donnait encore plus envie de pleurer. Personne ne pouvait comprendre ma détresse et mon malheur. J’ai agi de façon automatique. Rien mangé.

 

Le mercredi, ma mère est arrivée de Bretagne. Au début, elle n’avait pas dit qu’elle viendrait. Elle m’avait laissé le choix. Je lui ai dit que je ne voulais pas qu’elle vienne pour moi, mais pour lui. Que ressens-tu pour lui ? lui avais-je demandé.

Rien, ou un peu de pitié peut-être.

Alors si c’est ça, ne viens pas.

Deux jours plus tard, elle a décidé d’assister quand même à l’enterrement. Après tout, ils s’étaient réconciliés et ils avaient vécu vingt cinq ans ensemble.

OK.

Nous sommes retournées au funérarium toutes les trois, avec Chantal.

Nous avons pleuré encore. Un peu moins peut-être, il n’y avait plus la surprise. J’ai fait une chose bizarre : je l’ai pris en photo.

Après tout, rien ne m’obligera à regarder les clichés plus tard. Alors que si je ne l’avais pas fait, je n’aurais eu aucun moyen de revenir en arrière un jour. Et puis le fait de le voir comme ça, si maigre, brûlé dans le cou, vieilli me rappelle à quel point il était mal et fatigué. J’ai moins l’impression d’une injustice et plus d’une libération pour lui.

 

L’enterrement a eu lieu le vendredi matin.

J’ai réussi à dormir un peu la nuit. Je me suis même un peu maquillée pour lui laisser une bonne image. Envie de mettre du noir, couleur de mon âme.

Manuel, ma mère et moi sommes allés le chercher au funérarium. Chantal y était avec sa sœur et son beau-frère. Nous sommes tombées dans les bras l’une de l’autre à nouveau. Encore une épreuve difficile.

On nous a fait patienter longtemps. Une famille algérienne venait aussi chercher une aïeule. Beaucoup d’enfants et d’adultes qui discutaient, téléphonaient et riaient. Gênant.

Nous avons enfin pu le voir.

Il paraît qu’il commençait à sentir très mauvais. Je n’ai absolument rien perçu. Sa barbe avait repoussé un peu, c’est un phénomène que je connaissais mais qui m’a toujours étonnée. Je l’ai embrassé encore et encore. Je n’avais aucune retenue, aucune pudeur, je me foutais de tout.

Manuel a mis son couteau et des photos de nous (Cécilia, Chantal et moi) dans sa poche.

Puis ils sont venus fermer le cercueil. Ils ont rabattu le satin sur ses jambes, son torse, son visage. Ils ont posé le couvercle, l’ont vissé puis scellé. J’aurais tant voulu repousser ce moment. Mais il fallait le faire.

Vision terrible, insupportable.

Adieu Papa, je ne te verrai, ne te toucherai plus jamais...

 

Chantal et moi l’avons accompagné dans le corbillard.

Je n’avais encore jamais été à un enterrement. J’étais toujours trop jeune ou trop loin. Lorsque ma grand-mère était décédée, j’étais déjà adulte. C’est moi qui ai pris la décision de ne pas y aller : c’était loin, mon père y allait avec Chantal et surtout, je venais d’intégrer une société et j’avais peur de me faire mal voir si je prenais trois jours pour m’y rendre. Cette dernière raison est ridicule, et je regrette a posteriori. Mais au fond de moi, je crois que j’avais peur, peur de voir ça.

Aujourd’hui, je n’avais pas d’autre issue, il fallait affronter ce moment cruel.

L’église Sainte Mathilde était noire de monde. J’ai embrassé, salué, remercié en sanglotant. 

Papa n’était pas religieux du tout, mais il devait avoir une petite croyance enfouie quelque part. Il avait donc souhaité une cérémonie religieuse.

Chantal et moi avions préparé un petit texte à lire. Il était trop simple. Nous étions en état de choc, incapables d’écrire un chef d’œuvre dans ces circonstances. Alors Manuel l’avait remanié en gardant le fond. Il nous plaisait mieux ainsi.

Et nous avons réussi à le lire jusqu’au bout, en alternant les paragraphes pour reprendre notre souffle. Je me suis étonnée moi-même. Je ne pensais pas être capable de le faire. Ma voix, le « PAPA » que j’ai prononcé deux fois, résonnaient dans l’église, je voyais les visages des gens aux yeux rougis, mais j’ai réussi. C’était pour lui. Après tout, je lui parlais comme je l’avais fait quelques minutes auparavant.

Je ne suis pas vraiment croyante. Je pense être comme beaucoup d’individus. J’y crois quand ça m’arrange.

Justement, ce jour là, ça m’arrangeait d’y croire. Une âme, un au-delà, une autre vie après. Oui, tout ça devait être vrai. De toutes façons, il était impossible que la vie de mon père s’arrête définitivement. C’était une pensée insoutenable. Alors, ce jour là, j’ai cru en Dieu, de toutes mes forces.

 

J’ai repris ma place dans le corbillard, seule à côté de mon père pour aller au cimetière.

Il y avait énormément de fleurs. Le soleil s’est mis à briller.

Le trou. Le cercueil dans le trou. Les fleurs jetées dessus une à une.

La suite ne se décrit pas. C’est un classique. Le même scénario, la même peine, la même douleur pour tous ceux qui enterrent un proche.

 

Comment vais-je pouvoir vivre après ça ? comment survivre à ça ?  D’autres ont vécu des situations bien plus tristes ou injustes. Mais ce n’était pas lui, ce n’était pas moi, ce n’était pas cet amour là.

 

Ce vendredi, j’ai enterré mon père, mon frère, mon meilleur ami, mon confident, et sans doute l’être qui m’aimait le plus au monde.

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Commentaires
#1
Cassandre écrit le mardi 29 août 2006, A 18:38
Je suis déja venue sur ce blog. Je n'ai pas pu tout lire tant ce que tu as écrit et vécu dans ta chair est triste et je n'arrive pas à ne pas pleurer...
Mon grand-père est décédé la nuit du 16 aout dernier et bien que préparée à son départ je suis bien triste...
J'ai pris conscience et cela depuis quelques mois que la vie passe et si je vois mes enfants grandir jour après jour je prend conscience que la vie passe aussi pour mes parents et un jour ils ne seront plus là.
Je ne suis pas prête pour ça. Je le refuse.
Je suis de tout coeur avec toi... d'après ce que j'ai lu ton père était un homme bon et je pense qu'il est heureux d'avoir une fille si jolie, si marrante, si vraie.
Je t'embrasse.
#2
Stéphanie écrit le samedi 19 janvier 2008, A 22:54
Bonsoir,
Je suis arrivée ce soir sur ce second blog à partir du premier. Je n'ai pas tout lu, et je pense d'ailleurs que je ne lirai pas davantage car j'ai un peu peur de faire resurgir de mauvais souvenirs.
Sur ton autre blog, je t'avais laissé un commentaire en décembre disant qu'au vu de ce que j'avais pu lire, nous avions beaucoup de points communs. J'ai lu par la suite en piochant au hasard et j'en ai trouvé d'autres.
Avec ce second blog, j'en découvre encore un : ma mère est décédée un 29 avril (pas en 2000 mais en 1995), certes dans des circonstances toute différentes (décès brutal dû à un accident cardiaque à 49 ans), mais il est évident que ton récit "m'interpelle" et me renvoie à des réactions et des sentiments encore très présents malgré le temps écoulé.
Quel que soit l'âge, quelle que soit la situation, la mort de ses parents est toujours une épreuve difficile à surmonter.
Excuse moi de "polluer" ton blog avec ce com' mais une fois de plus, la coincidence m'a tellement interpelée que je n'ai pas pu m'en empêcher!
#3
Flo à Stéphanie écrit le vendredi 15 février 2008, A 19:27
Stéphanie,

Merci pour ce témoignage. Où est la pollution là dedans ? Je n'en vois pas la moindre. C'est troublant en effet. Ils sont des milliers à être partis un 29 avril, mais le lire comme ça, ce n'est pas pareil....

En effet, chacun réagit à sa manière. Moi même, je ne peux pas tout lire de ce que j'ai écrit. Soit je pleure, soit j'ai envie d'en ajouter.

Allez, courage. Show must go on....

Bises
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Présentation
Ce livre est un livre triste.


Ce sera sans doute et je l’espère le seul que j’écrirai.
Il est difficile de parler du bonheur. Demandez moi d’écrire trois pages sur ma fille, j’en serais à peine capable. Et pourtant, c’est la chair de ma chair, mon petit bout d’amour concentré, qui occupe beaucoup de mes pensées. Mais que dire ? Elle est jolie, gentille, douce, mignonne... On fait vite le tour. ça ressemble à une chanson de Zazie : "je n'écris rien sur toi, rassure toi...."
En revanche, quand il s’agit de peine, de tristesse ou de douleur, les mots me viennent naturellement et abondamment.

Ce livre n’a pas de but intellectuel. Cela me fait simplement du bien de l’écrire, de tout mettre à plat et de coucher sur le papier mes pensées les plus profondes et, en ce moment, les plus tristes. Je veux écrire tout ce que je pense, tout ce qui est lié à lui. C’est une tranche de vie. Mon esprit est alors libéré, à la manière d’une sauvegarde d’ordinateur. Ce qui est sur disquette n’encombre plus la mémoire vive. Je peux enfin penser un peu à autre chose qu’à sa mort, puisqu’elle est quelque part, ailleurs.
Si, en plus de cela, il peut faire du bien à quelqu’un qui se retrouvera dans mes idées, ou qui puisera une force ou encore se reconnaîtra dans mon expérience, tant mieux.
Sinon, il restera égocentrique et personnel.
Depuis seize ans, j’écris tous les jours les faits marquants de la journée dans un petit calepin, afin de pouvoir si nécessaire me souvenir de l’endroit où j’ai passé mes vacances telle ou telle année, quels films j’ai vus etc... C’est mon côté cartésien .
Le jour de la mort de mon père (en réalité quelques jours après...), je me suis retrouvée devant ces trois centimètres carrés de papier, sous un gros vingt-neuf avril noir, froid et impersonnel.
Non, ce n’était pas possible, je ne pouvais pas résumer ce qui était alors le plus grand drame de ma courte vie sur cet espace ! C’est alors que j’ai commencé à écrire. Il fallait que ça sorte, d’une manière ou d’une autre. Je le sentais au plus profond de moi. J’ai écrit vingt pages d’un seul coup, jusqu'à deux heures du matin.
Pendant un an, ce livre a été mon confident, ma soupape de sécurité et ma mémoire.

Certains passages peuvent peut-être choquer, j’en suis désolée.

C’est mon histoire et celle de mon père, Michel.


Septembre 2000

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commentaire(s)
PROLOGUE Flo pour Elodie (29/05/2009 09:46)

Merci pour ces mots ...

PROLOGUE elodie (28/05/2009 10:53)

Je suis tombée sur c...

Chap 16 - La fin prevost (05/05/2009 12:12)

bonjour cela vas fai...

Chap 16 - La fin souaf (07/10/2008 05:30)

beau, pur, sybillin,...

PROLOGUE Flo pour Anne onyme (23/09/2008 14:06)

Ouh la mais je ne sa...

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